Archive pour la catégorie ‘portrait’

Etre métisse et comédienne : l’impossible équation ?

Lundi 2 novembre 2009

La pièce Tismée, dont nous avons parlé sur ce blog, présentait la difficulté de la double culture. Brune, le blog a rencontré Raphaële Serreau, comédienne et métisse :

Généralement le métissage est vu comme une force et non comme une difficulté ; pensez-vous que c’est en quelque sorte une image d’Epinal ?

J’ai un peu du mal à répondre à cette question. Personnellement j’ai toujours vécu le métissage comme une richesse, mais je suis consciente que cela peut être aussi une difficulté car on n’est pas reconnu entièrement par les deux cultures qui nous traversent, on vit un peu entre deux mondes.

Est-ce plus difficile d’être métisse lorsqu’on est comédienne ?

D’une manière générale c’est un métier difficile dans lequel il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus ! A l’époque où j’ai commencé le théâtre, dans les années 90, c’était une difficulté supplémentaire d’être métisse; soit j’étais trop blanche, pas assez typée “noire” (on m’a même demandé à l’Anpe du spectacle si on mettait ma photo dans la catégorie “type arabe”, aberrant non!!!)  Il n’y avait jamais de rôle pour les gens comme moi…

Aujourd’hui les mentalités évoluent et c’est tant mieux ! Une comédienne métisse est une comédienne comme une autre qui doit mettre en valeur son talent et ses compétences et non seulement son physique, comme on le voit trop souvent !

Lorsqu’on est métis, quel est le poids du regard de l’autre ?

Le regard de l’autre  à toujours été pour moi plutot positif, même si effectivement on arrive jamais à déterminer d’ou je viens : arabe, italienne , espagnole..les gens aiment bien mettre des étiquettes claires ! Alors que je suis Française par mon père et Surinamienne par ma mère et mon grand-père maternel.

Justement, ne pensez-vous pas qu’il soit du devoir des parents de transmettre suffisamment à leurs enfants de sorte que le métissage soit bien vécu ?

Oui je pense que les parents ont un rôle important à jouer pour aider leurs enfants à s’épanouir dans les deux cultures. Mais c’est aussi une démarche personnelle de chacun de nous, métis. Cela dit, je pense que la société devrait  aussi prendre le relais en favorisant l’image des métis dans les médias, au cinéma, au théâtre…

Est-ce dans ce but que vous avez monté votre cours de théâtre ?

Le cours  de théâtre que je dirige s’adresse à tous ceux et celles qui veulent s’exprimer par le corps et la parole, et découvrir son potentiel créatif. Je ne veux surtout pas” ghettoiser”" mes cours ! Ma démarche va plus dans le sens d’une “universalisation”!!!

cours de théâtre : 144 bd de la Villette 75010 Paris de 18h à 20h les jeudis avec un stage tous les 15 jours.

Pour plus d’infos : 0626324933 - et sur raphaele.serreau@sfr.fr

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Lundi 24 août 2009

Il a fait danser le « tout paris » au début de l’été au son de son « Ziann ». Le musicien Saint-Martinois Kamee nous décrypte son style si particulier, mélange inattendu de rock et de musiques caribéennes.

Brune, le blog : Kamee, tu fais partie de ce qu’on pourrait appeler la nouvelle scène caribéenne; comment définirais-tu ton style ?

Kamee : Mon premier album est sorti en mars dernier et a commencé à me faire sortir de l’ombre ; on pourrait en effet parler de nouvelle scène caribéenne. Cependant mes premiers concerts datent de 1991. C’est véritablement le point de départ de ma vie artistique, constituée essentiellement de prestations scéniques. Mes multiples collaborations en tant que guitariste et chanteur jusqu’alors viennent mitiger le fait de me mettre dans une quelconque catégorie « nouvelle scène » …

En tout état de cause, je ne pense pas a une définition classique de mon style car je ne fais que retranscrire mes émotions tant guitaristiques que vocales en faisant fi de tout conformisme. Mon univers est celui de mes rêves, empreint d’espoirs pour une cause caribéenne et dont le rock est le moteur. Car le rock est sans doute la musique la plus populaire aujourd’hui et son histoire est commune avec celle des musiques de la Caraïbe, quand on sait qu’il a été créé par des descendants d’esclaves déportés aux Amériques…

Brune, le blog : tu as eu un parcours très éclectique, je crois; comment es-tu arrivé à la musique ?

Kamee : En effet j’ai été tour à tour universitaire, officier de l’armée de terre, vendeur de voitures…

La musique a toujours été présente durant toutes ces vies car je chante depuis l’âge de 7 ans et ma première guitare m’a été offerte par mon père alors que j’avais 6 ans…

Et puis au cours des dix dernières années j’ai décidé depuis de me consacrer exclusivement à la musique car cela devenait trop difficile de travailler en marge de ma passion.

Brune, le blog : ton album “Karibean”, est déjà dans les bacs et tu seras en concert à la Scène Bastille le 30 septembre; as-tu d’autres projets ?

Kamee : « Karibean » est le premier acte d’une pièce de trois albums. Mais mes projets sont surtout dans le domaine de l’image car j’ai l’ambition de mettre toutes ces musiques en fond du film qu’elles racontent, c’est à dire le film de ma vie, entre questionnement sur mes origines à l’histoire tumultueuse, prise de conscience de mon peuple des Caraïbes et mon parcours très atypique… une espèce de « Fabuleux destin », quoi !

Kamee, en concert à la Scène Bastille le mercredi 30 septembre à 20h

Lieu : 2 bis rue des Taillandiers Paris XIe

Métro : Bastille

Infos : 06 745 321 97kamee