Le 13 novembre 2008, le Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer confiait comme mission à SOS Racisme et la Fédération des Maisons des Potes, d’enquêter sur la réalité du problème du fichage ethnique.
Dans le rapport, remis au début du mois de novembre à Patrick Karam, on s’aperçoit que ces pratiques, loin d’être en recul comme le voudrait l’évolution de la société, perdurent encore dans de nombreuses entreprises ayant pignon sur rue et que, lorsque des entreprises ont recours à de telles identifications, l’utilisation qui en est faite mène tout naturellement à la discrimination pure et simple.
D’ailleurs le rapport de SOS RACISME et la Maison des Potes commence ainsi :
« Le fichage ethnique, racial ou territorial a des conséquences non négligeables pour les
individus, mais, par répercutions, pour la société dans son ensemble. Ce sont les Droits
de l’Homme qui sont atteints dans leur essence même. En effet, en catégorisant, on ne
considère plus un Homme comme un citoyen dans son intégrité toute entière mais
comme un Homme différent. Les individus deviennent donc des citoyens de souscatégories,
avec des droits minoritaires. »
On y apprend que la constitution de fichier ethno-racial effectué par les agences immobilières (pour certaines d’entre elle il existe même un « code de nationalité » ) et pire encore, par l’OPAC ou les offices HLM comme celui de Vitry-sur-Seine où les Antillais sont « dosés »par cage d’escalier, est une pratique courante.
On y apprend également que Le fichage de données ethno-raciales dans le domaine de l’emploi de grandes enseignes, les mentions « BBR » et « non-BBR » sont régulièrement utilisées.
Que dans telle grande compagnie, il existe même une « typologie raciale des hôtesses de l’air »
Ou que dans tel grand parc d’attraction, on a mis en place une catégorisation ethno-raciale des salariés, privilégiant les européens afin de ressembler à la clientèle …
Il ne s’agit pas d’être naïfs non plus : dans d’autres pays d’Europe, (la Belgique par exemple), ces pratiques sont courantes et la France ne fait certes pas exception ; mais on peut craindre, au moment où le gouvernement ouvre un débat sur une « identité nationale française », un excès de zèle, une mauvaise interprétation qui pourraient en découler alors que des entreprises classent déjà leurs salariés ou les candidats à l’embauche en deux catégories : les Français blancs de type européen d’un côté, les individus colorés de l’autre.
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