Afin de pallier le manque d’informations à l’usage des Domiens de l’hexagone, sur ce brûlant sujet qu’est la consultation des 10 et 24 janvier, Patrick Karam lançait hier son site internet : wwwconsultationoutremer.fr
Les présidents des collectivités territoriales l’avaient demandé, lors de leur rencontre du 7 octobre avec Nicolas Sarkozy, le Président de la République l’a donc décidé : la consultation placera, les 10 et 24 janvier prochains les Guyanais et les Martiniquais face à leur avenir, ou tout au moins à leurs responsabilités. Le 1O janvier, les populations de ces deux départements seront en effet appelées à se prononcer pour leur maintien dans l’article 73 (département français, comme c’est le cas depuis 1948) ou pour le passage à l’article 74 (celui par exemple de la Polynésie Française depuis 1977, ou plus récemment de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, dans les Antilles) c’est-à-dire un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elles au sein de la République.
Le 24 janvier, la Martinique et la Guyane devront se prononcer sur leur passage ou non à une collectivité unique (fusion des conseil général et régional)
Pourquoi une consultation plutôt qu’un référendum ? Parce que ce dernier est prévu par la constitution pour être organisé au niveau national, pas au niveau des régions. Il fallait donc trouver un autre terme qui, la communication étant on le sait, chère à ce gouvernement, puisse être suffisamment rassurant …
Ce site, mis en route depuis hier par le délégué interministériel à l’égalité des chances des français d’Outre-mer, permettra aux Domiens de ce qu’il est convenu d’appeler « le 5e DOM » (du moins jusqu’à ce que Mayotte devienne département), de s’informer sur les textes de loi, de lire les « éclairages » et les « opinions » de plusieurs élus ou personnalités (Marie-Luce Penchard, Guy Carcassonne, Lilian Malet ou Serge Letchimy….), de tchater en direct avec les élus (un rendez-vous est prévu très prochainement avec Victorin Lurel, président de la Région Guadeloupe), mais aussi de voter soit pour la Guyane, soit pour la Martinique.
Guadeloupéens et Réunionnais sont également conviés à apporter leur contribution car l’impact du résultat de cette consultation sur ces deux départements semble évident à court, moyen ou long terme…Au moins pour les Guadeloupéens, les Réunionnais ayant fait inscrire en 2003 dans la constitution un alinéa « qui l’exclut du bénéfice d’une délégation du pouvoir législatif accordée à d’autres entités comme la Guadeloupe, la Guyane ou la Martinique. »