“Me voici, enfin, au Ghana, pour une simple raison : le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome, à Moscou ou à Washington, mais aussi à Accra. C’est la simple vérité d’une époque où les connexions font disparaître les frontières entre les peuples. Votre prospérité peut accroître la prospérité des Etats-Unis. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la progression des droits de l’homme pour tous les peuples.
Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part; je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des Etats-Unis en faveur de l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel”…
Nous devons partir du principe qu’il revient aux africains de décider de l’avenir de l’Afrique…
Aujourd’hui je parlerai tout particulièrement de quatre domaines qui sont essentiels pour l’avenir de l’Afrique et de tous les pays en développement : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits.
Premièrement nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables. Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l’Histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respecte la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas. Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections, il faut voir ce qui se passe entre les scrutins…
Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20% ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu… Alors ne vous y trompez pas : l’Histoire est du côté de ces courageux africains et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’état ou qui modifient les Constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions.
L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation… Ce que fera l’Amérique, en revanche, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance. J’ai demandé à mon gouvernement d’accorder d’avantage d’attention à la corruption dans notre rapport sur les droits de l’homme. Tous les gens devraient avoir le droit de démarrer une entreprise ou d’obtenir une éducation sans avoir à verser de pots de vin. Nous avons le devoir de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d’isoler ceux qui ne le font pas, et c’est exactement ce que fera l’Amérique.
Cela nous conduit directement à notre deuxième domaine de coopération, le soutien à un développement qui offre des débouchés aux gens.
Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l’Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la prospérité. Témoin en est le succès extraordinaires d’Africains dans mon propre pays d’Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont donc le talent et ils possèdent l’esprit d’entreprise - la question est de savoir comment s’assurer qu’ils réussissent ici, dans leur pays d’origine…
Alors que les Africains se rapprochent de cette promesse, l’Amérique va leur tendre la main de façon plus responsable… C’est pourquoi notre initiative de 3,5 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire est axée sur de nouvelles méthodes et technologies agricoles, et non pas sur la simple expédition de biens et services américains vers l’Afrique. L’aide n’est pas une fin en soi. L’objectif de l’aide à l’étranger doit être de créer les conditions dans lesquelles elle ne sera plus nécessaire… Cela aussi dans notre propre intérêt - parce que si les gens se sortent de la pauvreté et que de la richesse se crée en Afrique, il s’ensuit que de nouveaux marchés s’ouvriront pour nos propres produits. Tout le monde y gagne.
De même que la gouvernance est une condition essentielle du progrès économique, elle revêt également une importance cruciale dans le troisième domaine que je voudrais à présent aborder, l’amélioration de la santé publique… trop d’Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. Lorsque des enfants meurent d’une piqûre de moustique et que des mères succombent à un accouchement, nous savons qu’il reste des progrès à faire. Or du fait des incitations, souvent fournies par les pays donateurs, beaucoup de médecins ou d’infirmiers africains s’en vont à l’étranger ou travaillent à des programmes qui luttent contre une maladie unique. Cette situation crée des lacunes en matière de soins primaires et de prévention de base…
Il faut faire des choix responsables de nature à prévenir la propagation de la maladie et à promouvoir la santé publique dans la collectivité et dans le pays… Car au XXIe siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience, mais aussi dans notre intérêt commun. C’est pourquoi mon gouvernement s’est engagé à consacrer 63 milliards de dollars à relever ces défis…
En même temps que nous unissons nos efforts en faveur d’une meilleure santé, nous devons également stopper la destruction causée,non pas par la maladie, mais par les êtres humains ? Soyons bien clairs, l’Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d’un continent perpétuellement en guerre… Tous ces conflits pèsent sur l’Afrique comme un véritable boulet. Nous sommes tous répartis selon son identités diverses de tribus et d’ethnies, de religions et de nationalité. Mais se définir par son opposition à une personne d’une autre tribu, ou qui vénère un prophète différent, cela n’a aucune place au XXIe siècle.
La diversité de l’Afrique devrait être source de force et non facteur de division. Nous sommes tous enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes : vivre dans la paix et dans la sécurité; avoir accès à l’éducation et à la possibilité de réussir; aimer notre famille, notre communauté et notre foi. Voilà notre humanité commune… Nous devons tous rechercher la paix et la sécurité nécessaires au progrès.
Trés belle interview du sieur Abdou Fall, qui nous permet de bien décrypter la portée du discours du Pdt Barack Obama. Ce professeur nous donne des éléments interessants de compréhension des réalités africaines. Bravo Brune de vous ouvrir à de nouveaux horizons et de mettre en exergue les compétences inconnues de notre community, tx.
Superbe interview, et surtout trés bon argumentaire du Maitre de Conférences Abdouu FALL.